25/01/2014

Se battre pour se réaliser

Ahmed Tidjani CISSE 
Se battre pour se réaliser, tel est le message que nous retenons de la rencontre entre Ahmed Tidjani Cissé et le public du Centre culturel franco guinéen qui comptait ce jour là de nombreux élèves de terminale du lycée Chateaubriand.
D'une famille dévolue à la religion, A.T Cissé n'aurait jamais du exercer aucun art. Ses goûts pour les pratiques culturelles et sans doute sa condition d'exilé à Paris, l'ont amené à transgresser les tabous pour survivre après avoir néanmoins essayé de répondre aux injonctions familiales. Devenu directeur des Grands ballets d'Afrique Noire et chorégraphe il a, pour enseigner la danse africaine, étudié auprès
des meilleurs danseurs afin de comprendre de l'intérieur la symbolique de chaque mouvement. Une exigence et une discipline qu'il s'est imposées pour pouvoir se faire reconnaître. Il réussit tout aussi bien dans le domaine du théâtre. Son "disciple" Ansoumane Condé présent à la rencontre a lui aussi abondé dans ce sens. Lui non plus n'aurait jamais du toucher au théâtre et il y a réussi magnifiquement au prix d'un travail acharné.
Ce problème d'appartenance ou non à une famille d'artiste,  ce système de castes comme l'a mentionné le Ministre lui même, soulève encore bien des problèmes en Guinée. Ce déterminisme social brise l'élan de nombreux jeunes. Ce double témoignage de personnalités ayant réussi dans le domaine de la culture, (l'un en est le Ministre, l'autre metteur en scène réputé), en dépit du poids de la tradition, devrait redonner de l'espoir aux jeunes qui se battent pour répondre à leur vocation. à condition qu'ils ne se leurrent pas.

Ahmed Tidjani Cissé a publié aux éditions Ganndal
Naby Yoro, le géant de Matakan
1789, en l'Isle Saint Louis du Sénégal (primé au festival des Francophonies de Limoges)
Maudit soit Cham ! suivi de La résurrection de Pompolino