16/09/2016

Sur les murs, la poésie... en ligne

Fatou SANOGO
LA CITE DES CANNES A SUCRE
Décembre, mois qui rallume en moi tant de souvenirs
Je me souviens de ce brouillard qui planait au-dessus de cette broussaille
Laissant la rosée sur ces fleurs de canne
Ce mois de décembre a réchauffé mes premiers âges malgré son paysage fade.
Ces fleurs fanées m’ont vu grandir
Ce mois de décembre était bercé de bruit
Quel bruit ?
Le bruit des fleurs de canne qui brulaient
Le bruit des ouvriers qui en chantant coupaient les cannes
Le bruit des tracteurs qui transportaient les cannes
Le bruit de l’usine qui transformait la canne en sucre
Le bruit de la sirène qui sonnait après chaque huit heures annonçant la montée et la descente des
ouvriers
Tout était synchronisé même la nature s’y mettait
Les pigeons qui roucoulaient les matins
Les grillons qui grésillaient aux crépuscules
Les hiboux qui bouboulaient tard dans les nuits
Les matins de ce mois de décembre
Nous jouons dans le bac à sable
À la corde à sauter et à la marelle
Malgré ce vent sec qui asséchait notre peau lui donnant un aspect blanc
Remplis d’insouciance et de naïveté nous nous soumettons aux aléas de la nature à coeur joie.
FATOU SANOGO (1° prix Poésie sur les murs 2016)