gestes barrières

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21/04/2020

Le livre en langue française dans le monde rencontre Aliou Sow

Dans le cadre de la préparation de ses Etats généraux, Le Livre en langue Française dans le monde  met en valeur  les acteurs de la chaîne du livre mise à mal par la pandémie en cours. Pendant 2 jours, ces Etats Généraux initiés par le Ministère de la Culture français et mis en oeuvre par l'Institut français réuniront les représentants de tous les acteurs de la chaîne du livre du monde entier de l'auteur au bibliothécaire 

 Rencontre avec Aliou Sow,

Fondateur des Éditions Ganndal en Guinée, coordinateur du réseau francophone de l’AIEI (Alliance Internationale des Éditeurs Indépendants) et collaborateur de l’ADEA (Association pour le développement de l’Éducation en Afrique).

Qui êtes-vous et  en quoi consiste votre activité ?
Biochimiste de formation, j’ai dirigé des structures de technologies éducatives à l’Institut pédagogique national de Guinée. Devenu éditeur éducatif, avec la création des Éditions Ganndal, je me suis consacré à la production de livres scolaires, livres de jeunesse et des publications dans les langues nationales pour contribuer à réduire la rareté de livres éducatifs dans les écoles.
Ayant présidé le Réseau des éditeurs africains (APNET), je coordonne actuellement le réseau francophone de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants (AIEI), tout en supervisant les activités de la Section de l’ADEA (Association pour le Développement de l’Éducation en Afrique) s’occupant des livres et des matériels éducatifs pour l’Afrique francophone. Par ailleurs, je préside le REPROLIG (Réseau des professionnels guinéens du livre), structure regroupant des éditeurs, des libraires, des imprimeurs et des ONG d’appui à la promotion de la lecture en Guinée.
Au cours des 15 dernières années j’ai collaboré avec des Institutions internationales, en tant que spécialiste des manuels scolaires, notamment la Banque mondiale, l’USAID, l’UNESCO, le Gouvernement du Canada, etc., que je conseille en matière de politiques et stratégies d’approvisionnement durable en manuels scolaires et autres matériels éducatifs imprimés.
En 2017, j’ai été lauréat du prix du meilleur éditeur africain de livres de jeunesse (BOP) décerné par la Foire internationale du livre de jeunesse de Bologne.
Quelle est la mission qui vous tient le plus à cœur ou l’initiative dont vous êtes le plus fière dans le cadre de votre activité ?
L’un des obstacles majeurs au développement du secteur du livre dans les pays africains francophones est l’absence de politiques publiques explicites et volontaristes susceptibles de poser des bases solides à l’émergence de véritables industries nationales du livre. C’est pour cela que mon propos ici concernera mes responsabilités au niveau de la section chargée des livres et matériels éducatifs de l’ADEA, au sein de laquelle je m’implique sur les questions touchant les politiques nationales du livre et de la lecture en Afrique.
Dans ce sens, sont mises en synergie les initiatives de l’Alliance mondiale du livre (GBA) soutenue par l’USAID, l’Union Africaine, et l’ADEA qui unissent leurs forces pour doter les pays de politiques viables du livre et de la lecture, comme bases essentielles pour l’émergence d’un secteur du livre et d’un environnement lettré viables, de même que de solides habitudes de lecture dans ces pays. Ces activités sont mises en œuvre aussi bien dans les pays anglophones que francophones à travers le continent.
À cette fin, tout en appuyant les pays à la réalisation d’études diagnostiques sur la filière du livre et les programmes de lecture, l’ADEA et l’UA se sont engagées à les accompagner techniquement à travers l’opérationnalisation de la Plateforme continentale pour la formulation des politiques nationales du livre et de la lecture élaborée par ces deux entités et validée par les autorités d’une quinzaine de pays*.
* Pays africains ayant validé la Plateforme continentale de formulation des Politiques nationales du livre et de la lecture :
      – Francophones : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Congo Brazzaville, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Togo, Sénégal
      - Anglophones : Ghana, Kenya, Nigeria, Ouganda, Rwanda
Quel est l’obstacle majeur, le frein ou la difficulté auquel vous êtes confrontée dans votre activité ?
En tant qu’éditeur de manuels scolaires et de livres de jeunesse en Guinée, la principale difficulté à laquelle se trouve confrontée l’édition nationale est l’accès difficile au financement du livre, aussi bien par le secteur public (État, PTF) que par le secteur privé (Banques). D’autre part, l’environnement politique et réglementaire reste très peu favorable au développement de l’édition locale, avec notamment une taxation élevée des intrants à la fabrication du livre, un prix de vente du livre élevé au regard du niveau de vie, un réseau de distribution très faible… le tout limitant l’accès au livre.
Qu’attendez-vous en priorité des États généraux du livre en langue française dans le monde ?
Je ciblerais trois principaux résultats à attendre des États généraux :
  • L’appui à la réalisation d’états des lieux du secteur du livre et de la lecture dans les pays africains où cet exercice n’a pas encore été entrepris ;
  • Le soutien à la formation des professionnels du livre et de la lecture à travers un programme conséquent de renforcement des capacités ;
  • La facilitation de la circulation du livre entre les espaces francophones du Nord et du Sud.
Pour en savoir plus sur les Etats Généraux du livre en langue française

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